« Je me sens porté par mes émotions »… Mais sont-ce mes émotions qui me portent ou moi qui porte mes émotions ? Une vaste question à laquelle nos amis philosophes et nos amis neuroscientifiques ne manqueront pas de répondre dans une prochaine newsletter.

Pour l’heure, intéressons-nous à une émotion dite primaire : la colère. Je remercie et salue ici le Docteur Teresa Garcia-Rivera pour ses précieux apports sur le sujet et parce qu’en plus d’enseigner à des gens comme moi ce qu’elle sait sur la thérapie brève et la systémie, c’est un vrai « coeur sur pattes ». Alors les émotions, elle connaît ça sur le bout des doigts.

Les émotions et la communication non-verbale

Ce qui est fascinant avec les émotions, c’est qu’elles concourent à donner une direction à l’énergie déployée par votre corps pour se manifester : en haut (la joie), en bas (tristesse), devant (colère), derrière (peur). Comme une boussole. Et lorsqu’il s’agit d’analyser les comportements non-verbaux des personnes, il est intéressant de regarder et d’observer, dans un premier temps, dans quelle direction le corps de votre interlocuteur se dirige.

Les émotions et le langage non verbal

La colère est une émotion primaire, car elle ne découle d’aucune autre émotion. Elle est engrammée dans notre organisme comme une réponse automatique à une situation jugée inconfortable, désagréable ou encore dangereuse. En langage non-verbal, vous pouvez observer différentes manifestations corporelles chez votre interlocuteur : sourcils vers le bas, les yeux légèrement fermés (comme éblouis), les lèvres rétrécies, etc. Paul EKMAN est parvenu à décrire les mouvements musculaires de toutes les parties du visage mises en action lorsqu’un individu ressent une émotion. Il a pu établir une grille de lecture des émotions à partir des expressions faciales. Concernant la colère, vous pourrez notamment observer comment le « dépresseur de l’angle oral » abaisse le coin des lèvres ou encore comment le « supercillié corrugateur » baisse et rapproche les sourcils l’un de l’autre.

Les émotions et le langage non verbalEn état de stress (peur) ou de colère, les pupilles se dilatent (mydriase, activité orthosympathique qui prépare l’organisme à la réponse d’attaque), un oeil Sanpaku peut même faire son apparition (dans certains cas, une partie blanche apparaît sur, ou sous l’iris). Les muscles du visage se raidissent (forte tonicité), les sourcils se rapprochent, les parties du visage se concentrent vers l’intérieur du

visage, ce qui aura pour effet de créer des rides visibles au-dessus du nez et entre les yeux (notamment ces rides de la glabelle) tant appréciées des experts du non-verbal :

Les contractions musculaires pourront être observées également sur tout le corps de votre interlocuteur. Observez ses mains (ouvertes et tendues ou fermées), ses bras (hauteur, direction, raideur, côté droit ou côté gauche), ses jambes (mouvements saccadés, soubresauts, trépignements), s’il se gratte (où et à quelle fréquence), s’il tapote avec son stylo, si ses membres inférieurs s’impatientent de passer à l’action, si … Il y a tant de choses à observer.

Toutes ces informations, c’est votre interlocuteur qui vous les apportent, sur un plateau. Il ne vous reste qu’à savoir les observer. Notre formation au langage non-verbal et au comportement corporel vous permet d’apprendre à décoder ces signes, ces mouvements, réalisés chaque fois que l’on reçoit une information (via nos cinq sens) et que cette dernière à une résonnance émotionnelle interne. Et ce qui se passe à l’intérieur se voit souvent à l’extérieur.

 

 

 

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